Le cannabis médical en Suisse : ce qui s’applique réellement aujourd’hui

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Getrocknete Cannabisblüten auf einer Digitalwaage als Symbol für medizinisches Cannabis in der Schweiz.

Le cannabis médical est aujourd’hui plus facilement accessible en Suisse qu’il y a encore quelques années. Lorsque cet article a été publié pour la première fois en décembre 2020, le Conseil national venait d’approuver une modification législative. À l’époque, les professionnels de santé devaient encore obtenir une autorisation exceptionnelle de l’Office fédéral de la santé publique pour pouvoir prescrire des médicaments à base de cannabis.

Le Parlement suisse a levé cette interdiction à compter du 1er août 2022. Depuis lors, ce sont les professionnels de santé traitants qui décident, en concertation avec les personnes concernées, si un traitement à base de cannabis est envisageable. Heureusement, il n’est désormais plus nécessaire d’obtenir une autorisation exceptionnelle de l’OFSP.

Néanmoins, le titre de l’époque, « Le cannabis est un remède, sans aucun doute », n’est plus d’actualité aujourd’hui. Le cannabis médical peut soulager certaines affections, mais son effet varie d’une personne à l’autre. De plus, les données scientifiques, les effets secondaires et les bénéfices diffèrent considérablement selon la pathologie, la forme galénique et la posologie.

Cet article mis à jour explique la situation actuelle concernant le cannabis médical en Suisse, présente les nouvelles études disponibles et explique pourquoi une analyse objective est plus importante que l’euphorie ou le rejet.

Que signifie « cannabis médical » en Suisse ?

Le terme « cannabis à usage médical » désigne divers médicaments à base de cannabis. Il s’agit notamment de médicaments prêts à l’emploi autorisés, de fleurs de cannabis et de ce que l’on appelle les préparations magistrales.

Dans le cadre d’une préparation magistrale, une pharmacie fabrique un médicament sur ordonnance médicale, sur mesure pour une personne donnée. Selon la prescription, la préparation contient du THC, du CBD ou une combinaison de ces deux cannabinoïdes.

C’est la destination médicale qui est déterminante. Tous les produits issus du chanvre ne sont pas automatiquement considérés comme des médicaments. Les produits à base de CBD en vente libre n’appartiennent donc pas à la même catégorie que les préparations à base de cannabis prescrites par un médecin.

Si vous souhaitez mieux comprendre les principes biologiques qui sous-tendent le THC, le CBD et les cannabinoïdes endogènes, vous trouverez une explication détaillée dans notre article consacré au système endocannabinoïde.

Quels changements sont intervenus le 1er août 2022 ?

Avant la modification de la loi, les professionnels de santé devaient demander une autorisation exceptionnelle auprès de l’OFSP pour chaque traitement à base de cannabis. Cette procédure prenait du temps et rendait l’accès à ce traitement plus difficile.

Depuis le 1er août 2022, les professionnels de santé sont autorisés à prescrire directement des médicaments à base de cannabis. Ils en assument la responsabilité médicale et vérifient notamment :

  • Quels sont les symptômes ?
  • Quels traitements ont été utilisés jusqu’à présent ?
  • Quel produit convient le mieux à cette situation ?
  • Quels sont les risques et les interactions ?
  • Comment se déroule le traitement ?

Cette nouvelle réglementation n’a toutefois pas légalisé la culture privée de cannabis contenant du THC. Swissmedic continue de contrôler la culture à des fins médicales, la production, la transformation et le commerce. Les entreprises doivent pour cela disposer des autorisations d’exploitation et de culture correspondantes.

L’OFSP recueille par ailleurs des données sur les traitements jusqu’en 2029. La Confédération souhaite ainsi mieux comprendre les pratiques de prescription et acquérir des connaissances supplémentaires sur l’efficacité et la sécurité.

Pour quels troubles le cannabis peut-il être envisagé comme médicament ?

Dans la pratique en Suisse, les professionnels de santé recourent aux médicaments à base de cannabis principalement pour traiter certaines affections chroniques. L’OFSP cite notamment :

Graphique présentant les domaines d'application du cannabis à usage médical dans le traitement des douleurs neuropathiques chroniques, des douleurs liées au cancer, de la spasticité, du TDAH, des spasmes, des nausées, de la perte d'appétit et des formes graves d'épilepsie.
  • douleurs neuropathiques chroniques
  • Douleurs liées au cancer
  • Spasticité, TDAH, spasmes liés à la sclérose en plaques ou à d’autres maladies neurologiques
  • Nausées et perte d’appétit pendant une chimiothérapie
  • Il existe par ailleurs des médicaments à base de CBD autorisés pour certaines formes graves d’épilepsie. Dans ce domaine, les fondements scientifiques sont relativement solides, contrairement à de nombreux autres domaines d’application.

Cette liste ne signifie toutefois pas que le cannabis soit efficace chez toutes les personnes concernées. Les professionnels n’envisagent souvent un traitement à base de cannabis que lorsque les traitements conventionnels ne sont pas suffisamment efficaces ou provoquent des effets secondaires importants, ce que nous regrettons chez Herba di Berna.

Pour en savoir plus sur les résultats de recherche actuels, consultez notre article « Études sur le cannabis 2025 ».

Que dit la recherche sur le cannabis à usage médical ?

Les données issues des études ont évolué depuis 2020. Dans le même temps, elles varient considérablement selon la pathologie.

Les chercheurs étudient particulièrement souvent les médicaments à base de cannabis dans le cadre des douleurs chroniques. Une revue systématique mise à jour en 2025 est parvenue à une conclusion modérée : certaines préparations à base de THC et de CBD peuvent, en moyenne, réduire légèrement la douleur. Dans le même temps, des effets indésirables tels que des vertiges, de la fatigue et des nausées surviennent plus fréquemment.

Une vaste étude de phase III menée en 2025 a évalué un extrait de cannabis à spectre complet standardisé dans le traitement des douleurs dorsales chroniques. Au total, 820 adultes y ont participé. Au bout de douze semaines, l’intensité de la douleur avait diminué davantage dans le groupe traité au cannabis que dans le groupe placebo.

La différence moyenne entre les deux groupes n’était toutefois que de 0,6 point sur une échelle de 0 à 10. Parallèlement, 83,3 % des personnes traitées ont signalé des effets indésirables, contre 67,3 % dans le groupe placebo. Les effets indésirables les plus fréquents étaient les vertiges, la fatigue, les nausées, la sécheresse buccale et la somnolence.

Ce résultat est intéressant, mais il ne constitue pas la preuve de l’existence d’un analgésique universel. Une différence statistiquement significative peut être pertinente pour certaines personnes, tandis que d’autres n’en tirent pratiquement aucun bénéfice ou interrompent le traitement en raison d’effets secondaires.

Nouvelles découvertes concernant les maladies mentales

Beaucoup de personnes associent également le cannabis médical à l’anxiété, aux troubles du sommeil, à la dépression ou au syndrome de stress post-traumatique. C’est précisément dans ce domaine qu’il convient de faire preuve d’une grande prudence.

Une revue systématique exhaustive publiée en 2026 a analysé 54 études randomisées portant sur l’utilisation des cannabinoïdes dans le traitement des troubles psychiques et des addictions. Dans l’ensemble, les chercheurs n’ont pas constaté d’efficacité convaincante pour la plupart des troubles étudiés.

En particulier dans le cas des troubles anxieux, des troubles psychotiques, du syndrome de stress post-traumatique et de la dépendance aux opiacés, les données disponibles n’étaient pas suffisantes pour recommander les cannabinoïdes comme traitement de référence efficace.

Cela ne signifie pas pour autant que certaines personnes ne ressentent pas une amélioration subjective. Cependant, les expériences personnelles ne suffisent pas à prouver de manière fiable l’efficacité médicale. C’est précisément dans le cas des troubles psychiques qu’un diagnostic minutieux et un accompagnement par des professionnels sont donc indispensables.

Vous trouverez une analyse approfondie des risques psychiques dans notre article « Cannabis et psychoses ».

Quel rôle jouent le THC et le CBD ?

Le THC et le CBD comptent parmi les cannabinoïdes les plus connus de la plante de chanvre. Ils présentent toutefois des différences notables.

Le THC a un effet psychotrope. Il peut notamment influencer la perception de la douleur, la tension musculaire, l’appétit et les nausées. Parallèlement, le THC peut provoquer des vertiges, de la fatigue, des palpitations cardiaques, des difficultés de concentration, de l’anxiété ou des altérations de la perception.

Le CBD ne provoque pas d’effet psychotrope classique. Les professionnels de santé utilisent par exemple le CBD pharmaceutique dans le traitement de certaines formes d’épilepsie difficiles à traiter. Les chercheurs étudient également le CBD dans d’autres domaines, mais de nombreuses applications ne sont pas encore considérées comme suffisamment étayées.

Le CBD peut lui aussi entraîner des effets secondaires. Parmi ceux-ci figurent la fatigue, des troubles digestifs et des interactions avec d’autres médicaments. À des doses médicales plus élevées, les paramètres hépatiques peuvent également être modifiés.

C’est pourquoi le nom du cannabinoïde n’est pas le seul élément déterminant. La composition, le dosage, la forme galénique, les traitements concomitants et les caractéristiques individuelles influencent considérablement les bienfaits.

Quels sont les effets secondaires et les risques connus ?

Une utilisation à des fins médicales ne signifie pas automatiquement qu’il n’y a aucun risque. Les médicaments à base de cannabis contenant du THC peuvent notamment provoquer les troubles suivants :

  • Vertiges
  • Fatigue
  • Sécheresse buccale
  • Nausées
  • palpitations
  • Problèmes de concentration
  • Anxiété ou agitation
  • Changements dans la perception

Une prudence particulière s’impose en cas d’antécédents de psychose, de troubles liés à la dépendance, de grossesse, d’allaitement et de risque accru de chute. Les personnes âgées ou celles sous traitement médicamenteux multiple nécessitent également un suivi attentif.

Herba di Berna CBD Suisse : des fleurs de cannabis à côté d'un flacon de médicaments et de symboles d'avertissement jaunes illustrant les effets secondaires et les risques liés au cannabis médical.

Les professionnels de santé ne se contentent donc pas de vérifier si les symptômes s’atténuent. Ils prêtent également attention à l’aptitude à la conduite, à la concentration, au sommeil, à l’autonomie au quotidien et à la qualité de vie.

Si les effets indésirables l’emportent sur les bénéfices potentiels, les professionnels de santé et les personnes concernées devraient, d’un commun accord, adapter le traitement ou y mettre fin.

La caisse d’assurance maladie prend-elle en charge le cannabis médical ?

L’assouplissement des conditions de prescription n’a pas entraîné automatiquement une prise en charge généralisée. L’assurance maladie obligatoire ne prend actuellement en charge les médicaments à base de cannabis que dans des cas exceptionnels.

En règle générale, une garantie préalable de prise en charge est nécessaire. Pour cela, plusieurs conditions doivent être réunies. Souvent, la caisse d’assurance maladie exige notamment :

  • une maladie grave ou chronique
  • alternatives thérapeutiques manquantes ou épuisées
  • une justification médicale claire et compréhensible
  • un bénéfice thérapeutique important attendu

L’OFSP estime le coût mensuel moyen du traitement entre 300 et 500 francs environ. Le montant exact dépend du médicament, de la posologie et de la pathologie.

Pour de nombreuses personnes, l’accès financier reste donc difficile. La modification législative a certes supprimé un obstacle administratif, mais elle n’a pas résolu le problème des coûts.

Est-il autorisé de cultiver soi-même du cannabis à usage médical ?

Des plants de cannabis dans une serre d'intérieur, avec un panneau d'avertissement et un ruban de signalisation indiquant qu'il s'agit d'une culture illégale et non autorisée. Herba di Berna Suisse CBD

Une ordonnance médicale n’autorise pas la culture à des fins personnelles. Toute personne souhaitant cultiver du cannabis à des fins médicales doit obtenir les autorisations nécessaires auprès de Swissmedic.

Les entreprises doivent disposer d’une autorisation d’exploitation ainsi que d’une autorisation de culture spécifique. La production et la transformation sont également soumises à des règles précises.

Le législateur souhaite ainsi garantir la qualité, la traçabilité et la sécurité. La culture privée de cannabis contenant du THC reste illégale en dehors des projets autorisés ou des structures médicales.

Le cannabis médical en Suisse n’est pas la même chose que le CBD vendu dans le commerce

Cette distinction revêt une importance particulière pour Herba di Berna.

Le cannabis médical s’inscrit dans le cadre d’un traitement suivi par un médecin. Des spécialistes choisissent un médicament adapté, les pharmacies préparent une préparation sur ordonnance si nécessaire, et les services médicaux contrôlent le traitement.

Les produits à base de CBD en vente libre sont quant à eux soumis à d’autres dispositions légales. Selon leur destination, ils peuvent relever de la législation sur les produits chimiques, de la législation sur les cosmétiques, de la législation sur les denrées alimentaires ou de la législation sur les produits du tabac.

Ils ne sont pas automatiquement considérés comme des médicaments et ne doivent pas comporter de promesses thérapeutiques. Les produits Herba di Berna ne remplacent pas non plus un traitement à base de cannabis prescrit par un médecin. Veuillez utiliser ces produits exclusivement conformément à leur déclaration et à leur destination.

C’est précisément en cas de troubles graves ou chroniques que l’automédication ne constitue pas une alternative sûre à un examen médical. Sur le marché noir, il est en outre impossible de vérifier la pureté et la teneur en THC du produit, ce qui annule totalement toute valeur ajoutée sur le plan médical.

Pourquoi l’ancien titre ne convient plus

Le titre initial était : « Le cannabis est un remède, point barre ». En 2020, cette affirmation reflétait la joie suscitée par les avancées politiques.

Aujourd’hui, nous avons toutefois une idée plus précise de la complexité de la situation. Les médicaments à base de cannabis occupent une place bien établie dans certains domaines médicaux. Dans le même temps, leur utilité reste faible, incertaine ou n’a pas encore fait l’objet de recherches suffisantes pour de nombreuses affections.

De plus, des effets secondaires, des interactions médicamenteuses et des risques psychologiques peuvent survenir. C’est pourquoi le cannabis médical doit faire l’objet d’indications claires, de préparations contrôlées et d’un suivi régulier.

Une communication responsable consiste à expliquer les opportunités sans présenter le cannabis comme une solution universelle.

Conclusion : le cannabis médical en Suisse : des progrès sans fausses promesses

En Suisse, l’accès au cannabis à usage médical est nettement plus facile depuis août 2022. Les professionnels de santé n’ont plus besoin d’une autorisation exceptionnelle de l’OFSP et peuvent directement évaluer et prescrire un traitement.

Il subsiste néanmoins des questions en suspens. L’assurance de base ne prend que rarement ces frais en charge. De plus, tous les médicaments ne sont pas aussi efficaces pour toutes les maladies. Des études récentes mettent en évidence à la fois des avantages potentiels et des limites évidentes.

On dispose désormais de données plus précises, notamment en ce qui concerne les douleurs chroniques. En moyenne, les améliorations sont toutefois souvent plutôt modestes, tandis que les effets indésirables sont relativement fréquents. Pour de nombreuses maladies mentales, il n’existe toujours pas de preuve convaincante d’efficacité.

En tant qu’entreprise bernoise, nous souhaitons contribuer à un débat objectif dans toute la Suisse. Les avancées médicales méritent qu’on s’y intéresse. Dans le même temps, les personnes concernées méritent des informations honnêtes plutôt que des promesses exagérées.

FAQ zu medizinischem Cannabis Schweiz

Seit wann braucht es keine BAG-Ausnahmebewilligung mehr?

Depuis le 1er août 2022, les professionnels de santé sont autorisés à prescrire des médicaments à base de cannabis sans autorisation exceptionnelle de l’OFSP.

Ist medizinisches Cannabis dasselbe wie CBD-Produkte aus dem Handel?

Non. Le cannabis médical s’inscrit dans le cadre d’un traitement suivi par un médecin. Les produits à base de CBD en vente libre ont une finalité juridique différente et ne remplacent en aucun cas les médicaments.

Dürfen betroffene Personen Cannabis selbst anbauen?

Non. Une ordonnance ne donne pas le droit de cultiver soi-même. La culture à des fins médicales nécessite des autorisations délivrées par Swissmedic.

Bei welchen Beschwerden kommt medizinisches Cannabis infrage?

Les professionnels de santé prescrivent principalement des médicaments à base de cannabis pour traiter certaines douleurs chroniques, la spasticité neurologique, les nausées liées à la chimiothérapie et certaines formes d’épilepsie.

Übernimmt die Krankenkasse die Kosten?

L’assurance de base ne prend en charge les frais que dans des cas exceptionnels. La plupart du temps, il faut obtenir au préalable une garantie de prise en charge de la part de la caisse d’assurance maladie.

Ist medizinisches Cannabis ein Heilmittel ohne Risiken?

Non. Les médicaments à base de cannabis peuvent être bénéfiques, mais ils peuvent également entraîner des effets secondaires et des interactions médicamenteuses. Les professionnels de santé doivent donc évaluer au cas par cas les avantages et les risques.

Répertoire des sources

Office fédéral de la santé publique : Utilisation médicale du cannabis
Office fédéral de la santé publique : FAQ sur les médicaments à base de cannabis
Swissmedic : Agence du cannabis et culture du cannabis à des fins médicales
Chou et al. : Revue systématique évolutive sur le cannabis et d’autres traitements à base de plantes pour la douleur chronique, mise à jour 2025
Karst et al. : Extrait de cannabis à spectre complet pour les lombalgies chroniques : essai de phase III randomisé et contrôlé par placebo
Wilson et al. : Efficacité et innocuité des cannabinoïdes dans le traitement des troubles mentaux et des troubles liés à l’usage de substances
Swissmedic : Epidyolex à base de cannabidiol dans certaines formes d’épilepsie