Cannabinoïdes synthétiques : explications sur les risques, le HHC et les nouvelles substances

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Cannabispflanze mit CBD und THC Strukturformeln als Symbol für natürliche und chemisch veränderte Cannabinoide in der Schweiz.

Les cannabinoïdes synthétiques suscitent des inquiétudes depuis des années. Beaucoup de gens connaissent les cannabinoïdes naturels tels que le CBD, le THC ou le CBG, issus de la plante de chanvre. D’autres ont déjà entendu parler du système endocannabinoïde de l’organisme, qui intervient dans divers processus physiologiques. Il existe cependant un autre groupe : les cannabinoïdes synthétiques ou chimiquement modifiés.

C’est précisément là que les choses se compliquent. Certaines de ces substances ont été initialement développées à des fins de recherche ou médicales. D’autres sont apparues par la suite sous la forme de « legal highs », de mélanges d’herbes, de produits à vapoter, de produits comestibles ou d’alternatives au THC prétendument légales. Ces dernières années notamment, les cannabinoïdes semi-synthétiques tels que le HHC, le HHC-O ou le THCP ont également fait l’objet d’une attention particulière.

Cet article explique ce que sont les cannabinoïdes synthétiques, en quoi ils se distinguent des substances naturelles et semi-synthétiques, et pourquoi ils font l’objet d’une critique croissante en Suisse, en République tchèque et dans toute l’Europe. Il ne s’agit pas ici de semer la panique, mais d’apporter des informations objectives.

En bref : que sont les cannabinoïdes synthétiques ?

Les cannabinoïdes synthétiques sont des substances produites artificiellement qui peuvent agir sur les récepteurs cannabinoïdes de l’organisme. Bon nombre de ces substances se lient au récepteur CB1, qui joue également un rôle important dans l’action du THC. Leurs effets peuvent toutefois être nettement plus puissants, plus imprévisibles et plus risqués que ceux du cannabis naturel.

Parmi les noms les plus connus, on peut citer le « Spice », le « K2 » ou le « Legal High ». Il s’agit souvent de mélanges d’herbes sur lesquels ont été pulvérisés des principes actifs synthétiques. Pour les consommateurs, il est pratiquement impossible de savoir quelle substance est contenue dans ces produits, quelle est sa concentration et s’ils contiennent d’autres impuretés.

C’est ce qui rend les cannabinoïdes synthétiques particulièrement dangereux. Alors que les produits à base de cannabis classiques contiennent un mélange naturel de substances végétales, les produits synthétiques peuvent contenir des substances individuelles très puissantes dont le dosage n’est pas clairement défini. Cela augmente considérablement le risque d’effets secondaires graves.

Naturel, synthétique ou semi-synthétique : quelle est la différence ?

Fleurs de cannabis, e-cigarettes et symbole d'avertissement signalant la présence de cannabinoïdes synthétiques, de HHC et de produits à base de cannabis contaminés en Suisse.

Les cannabinoïdes naturels sont produits par la plante de chanvre. Parmi ceux-ci figurent le CBD, le THC, le CBG, le CBC et le CBN. Les endocannabinoïdes, tels que l’anandamide ou le 2-AG, sont quant à eux synthétisés par l’organisme humain lui-même. Pour en savoir plus, consultez notre article consacré au système endocannabinoïde.

Les cannabinoïdes synthétiques sont entièrement fabriqués artificiellement. Leur composition chimique ne doit pas nécessairement ressembler à celle du THC, mais ils peuvent néanmoins exercer un effet puissant sur les récepteurs cannabinoïdes.

Les cannabinoïdes semi-synthétiques se situent entre les deux. Ils sont généralement issus d’une matière première naturelle qui subit une modification chimique. Selon la classification, on y trouve notamment des substances telles que le HHC, le HHC-O, le HHC-P, le THCP, le delta-8-THC ou des dérivés similaires. Souvent, ces produits sont fabriqués à partir de CBD ou d’autres composants du chanvre, puis transformés chimiquement.

Il est important de noter qu’une origine naturelle ne rend pas automatiquement un produit naturel, sûr ou légal. Les substances semi-synthétiques, en particulier, peuvent présenter de nouveaux risques, car les résidus de fabrication, les sous-produits et les effets à long terme n’ont souvent pas fait l’objet d’études suffisantes.

Pourquoi les cannabinoïdes synthétiques présentent-ils un tel risque ?

Le principal problème réside dans l’imprévisibilité. De nombreux cannabinoïdes synthétiques peuvent avoir des effets nettement plus puissants que le THC. Parallèlement, on ignore souvent quelle quantité de substance active est réellement contenue dans le produit. C’est notamment le cas des mélanges d’herbes vaporisés ou des fleurs trafiquées, dans lesquels la substance n’est pas répartie de manière homogène. Certaines zones peuvent présenter une concentration bien plus élevée que d’autres.

Les conséquences aiguës possibles comprennent une anxiété intense, une crise de panique, des palpitations, des nausées, des vomissements, une confusion, des convulsions, une perte de conscience ou des états de type psychotique. Dans les cas graves, des évolutions mettant la vie en danger ont également été rapportées.

De plus, beaucoup de gens ignorent totalement qu’ils consomment un cannabinoïde synthétique. Sur le marché noir notamment, les fleurs de CBD, les fleurs de cannabis ou le haschisch peuvent être aspergés a posteriori. De l’extérieur, le produit semble alors souvent inoffensif, alors qu’il peut contenir un principe actif très puissant.

C’est pourquoi les organismes spécialisés recommandent en principe la prudence face aux produits à base de cannabis inconnus, aux cigarettes électroniques dont la composition n’est pas claire, aux produits dits « legal highs » ou aux produits comestibles provenant de sources douteuses.

Le HHC et les cannabinoïdes semi-synthétiques : la nouvelle zone grise

En Europe, le HHC a parfois été commercialisé comme une alternative légale au THC. Ces produits se présentaient sous forme de e-cigarettes, de fleurs, de résines, d’huiles, d’oursons en gélatine ou d’autres produits comestibles. De nombreux textes publicitaires semblaient inoffensifs : « légal », « d’origine naturelle » ou « à base de CBD ». Or, ce sont précisément ces termes qui peuvent induire en erreur.

Le HHC est certes présent à l’état naturel dans le cannabis, mais en quantités infimes. Les quantités commercialisées sont toutefois généralement obtenues par transformation chimique. Le HHC fait donc partie du groupe des cannabinoïdes semi-synthétiques.

Les risques ne sont pas entièrement élucidés. Avec ce type de produits, il ne s’agit pas seulement du principe actif principal, mais aussi de la pureté, des sous-produits, des résidus de solvants, du dosage et de la qualité de la fabrication. Le magazine Hanf Magazin adopte donc une position critique à l’égard de produits similaires issus du marché gris, tels que la « résine de chanvre CBX », et souligne que les désignations floues des principes actifs, l’absence d’analyses en laboratoire et les promesses générales de légalité constituent des signaux d’alerte.

L’Agence européenne des stupéfiants surveille également de près les cannabinoïdes semi-synthétiques. Dans ses rapports européens, elle mentionne le HHC et les substances apparentées en lien avec des cas d’intoxication aiguë, de nouvelles formes de produits et des évolutions rapides du marché.

La République tchèque montre à quelle vitesse le HHC peut devenir un problème

La République tchèque en est un exemple particulièrement frappant. Dans ce pays, le HHC, le HHC-O et le THCP ont été reclassés en 2024 à la suite de cas d’intoxication. Les produits comestibles tels que les oursons en gomme, le chocolat, les biscuits ou les boissons se sont révélés particulièrement problématiques. Pour les enfants et les adolescents, ces produits faisaient parfois office de friandises ordinaires.

La Commission européenne a indiqué, dans une notification TRIS, que plus de 170 cas d’intoxication liés au HHC, au HHC-O ou au THCP avaient été enregistrés en République tchèque entre juin 2022 et début février 2024. Les enfants et les adolescents ont été les plus touchés. En janvier 2024, plusieurs cas de surdosage à l’HHC chez des mineurs ont été signalés rien que dans la région de Karlovy Vary, dont au moins un cas ayant nécessité une prise en charge en soins intensifs.

En conséquence, le HHC, le HHC-O et le THCP ont été provisoirement classés comme substances addictives en République tchèque. Cet exemple montre très clairement que les cannabinoïdes semi-synthétiques peuvent apparaître comme des nouveautés prétendument légales, mais être rapidement soumis à une réglementation en cas de problèmes de santé.

Pour les consommateurs, cela signifie que des termes tels que « légal », « nouveau » ou « à base de CBD » ne constituent pas une garantie de sécurité. Ce qui est déterminant, ce sont la substance concrète, le dosage, la forme du produit, son origine et la situation juridique actuelle.

Suisse : définir le statut juridique du HHC et des cannabinoïdes synthétiques

En Suisse également, le HHC a très tôt fait l’objet d’une évaluation critique. L’IG Hanf Suisse a indiqué que, au 31 mars 2023, le HHC avait été inscrit par le Département fédéral de l’intérieur dans la liste figurant dans l’ordonnance sur la liste des stupéfiants. Le HHC a ainsi été soumis aux mesures de contrôle prévues par la législation sur les stupéfiants.

L’IG Hanf a par ailleurs salué les projets d’interdiction des cannabinoïdes synthétiques et des mimétiques de cannabinoïdes, considérés comme une mesure de lutte contre l’abus et le commerce illégal de drogues de synthèse contaminées. Il est toutefois important de noter qu’une substance de synthèse n’est pas automatiquement néfaste dans tous les contextes. En médecine, il existe des cannabinoïdes synthétiques ou semi-synthétiques autorisés. Ce sont surtout les produits récréatifs non contrôlés, dont la composition n’est pas claire et qui ne font l’objet d’aucun contrôle de qualité, qui posent problème.

En Suisse, il convient par ailleurs de noter que les produits à base de CBD à faible teneur en THC (moins de 1 %) ne relèvent pas de la loi sur les stupéfiants. Les cannabinoïdes synthétiques et semi-synthétiques ne peuvent toutefois pas être assimilés sans autre à du chanvre CBD légal. Ils peuvent faire l’objet d’une réglementation distincte et être considérés de manière très différente sur le plan juridique.

Produits à base de cannabis contaminés : pourquoi on ne s’en rend souvent pas compte

Un risque particulièrement élevé existe lorsque des fleurs de cannabis ou du haschisch sont traités avec des cannabinoïdes synthétiques ou semi-synthétiques. Saferparty Zürich souligne que ces substances peuvent être pulvérisées sur du cannabis CBD produit légalement afin de le revendre à profit comme du cannabis contenant du THC.

Le problème : il est pratiquement impossible de s’en rendre compte avec certitude à l’œil nu, à l’odeur ou au goût. Une fleur peut avoir un aspect normal tout en ayant été traitée avec une substance active très puissante. Cela rend cette forme de contamination plus dangereuse que bon nombre d’agents de coupe classiques, qui laissent parfois des traces visibles.

La prudence est également de mise avec les cigarettes électroniques, les produits comestibles ou les produits à base de résine provenant d’une source inconnue. Moins l’origine, les résultats d’analyse en laboratoire et la chaîne d’approvisionnement sont clairs, plus le risque d’additifs inattendus est élevé.

Si vous privilégiez les produits légaux et certifiés, vous trouverez chez Herba di Berna une sélection claire dans les catégories « Fleurs de CBD », « Haschisch au CBD » et « Vapes au CBD ». Notre ligne directrice reste claire : une qualité certifiée, une origine traçable et une livraison rapide dans toute la Suisse.

Le « drug checking » en Suisse : une mesure utile en cas de soupçon

En cas de doute, le recours à notre « Canna Check Box » est une solution, mais aussi un élément important de la réduction des risques en général. Saferparty Zürich propose un service de contrôle des produits à base de cannabis et fournit des informations précises sur les cannabinoïdes synthétiques ainsi que sur les substances de coupe présentes dans les produits à base de cannabis.

L’analyse des drogues peut permettre de mettre en évidence des mélanges inattendus, des substances actives dangereuses ou des concentrations particulièrement élevées. Elle ne rend pas automatiquement la consommation sans danger, mais améliore considérablement l’état des connaissances.

Si vous possédez un produit dont vous ne connaissez pas la provenance, vous devez faire preuve de prudence en cas d’effets inhabituels. Des effets inhabituellement forts, la panique, la confusion, des troubles circulatoires, des convulsions ou une perte de contact avec la réalité constituent des signes d’alerte. En cas d’urgence grave, le numéro d’appel d’urgence en Suisse est le 144.

Canna Check Box mit Cannabisblüten und Hanfblättern als Symbol für Drug Checking und Cannabinoid Analyse in der Schweiz.

Comment mieux se protéger ?

La manière la plus sûre de gérer les cannabinoïdes synthétiques consiste à éviter systématiquement ces produits. Cela vaut tout particulièrement pour le Spice, le K2, les « Legal Highs », les e-liquides d’origine incertaine, les oursons en gomme contenant des substances psychoactives, les résines inconnues ou les produits à base de cannabis provenant de sources douteuses.

Quelques principes permettent de s’y retrouver : ne vous fiez pas aux promesses publicitaires telles que « ivresse légale » ou « 100 % légal ». Veillez à ce que l’origine soit transparente, à ce que des analyses en laboratoire aient été effectuées et à ce que la composition soit clairement indiquée. Évitez les produits portant des noms fantaisistes et peu clairs, tels que « CBX », si la composition n’est pas clairement précisée. Recourez au « drug checking » si un produit vous semble suspect ou provoque des effets inattendus.

En ce qui concerne les produits au CBD légaux, la qualité commence par une chaîne d’approvisionnement traçable. Chez Herba di Berna, nous misons sur des produits certifiés, une déclaration claire et un classement honnête, plutôt que sur les promesses du marché gris.

Conclusion : l’information protège mieux qu’un faux sentiment de sécurité

Les cannabinoïdes synthétiques ne constituent pas une alternative inoffensive au cannabis. Bon nombre de ces substances ont des effets puissants et imprévisibles, et font l’objet de recherches nettement moins approfondies que les cannabinoïdes naturels. Les cannabinoïdes semi-synthétiques tels que le HHC montrent en outre à quelle vitesse de nouveaux marchés peuvent émerger avant que les risques et la situation juridique ne soient réellement clarifiés.

L’exemple de la République tchèque montre clairement que les produits comestibles contenant du HHC, du HHC-O ou du THCP, en particulier, peuvent présenter un risque sérieux, surtout lorsque les enfants et les adolescents y ont accès. L’évolution de la situation en Suisse montre également que le HHC et les substances apparentées ne sont pas simplement considérés comme des produits au CBD ordinaires.

En tant qu’entreprise bernoise comptant une clientèle dans toute la Suisse, Herba di Berna est synonyme d’information transparente, de qualité certifiée et d’une culture du chanvre responsable. Les produits naturels à base de CBD d’origine traçable n’ont rien à voir avec les produits « legal highs » non contrôlés ou les produits trafiqués du marché noir.

FAQ: Häufige Fragen zu synthetischen Cannabinoiden

Was sind synthetische Cannabinoide?

Les cannabinoïdes synthétiques sont des substances fabriquées artificiellement qui peuvent agir sur les récepteurs cannabinoïdes de l’organisme. Beaucoup d’entre elles ont été initialement développées à des fins de recherche, mais ont ensuite fait leur apparition dans des produits récréatifs tels que le Spice, le K2 ou les « Legal Highs ».

Sind HHC und ähnliche Stoffe sicherer als THC?

Non, on ne peut en tirer aucune certitude. De nombreux cannabinoïdes semi-synthétiques n’ont pas encore fait l’objet de recherches suffisantes. Les effets, les sous-produits, la pureté et les risques à long terme peuvent varier considérablement d’un produit à l’autre.

Sind synthetische Cannabinoide in der Schweiz legal?

La situation juridique dépend de la substance en question et de sa classification actuelle. Les nouvelles substances psychoactives font l’objet d’un réexamen régulier et peuvent être assimilées à des stupéfiants. C’est pourquoi il ne faut pas se fier à des termes tels que « Legal High ».

Was ist der Unterschied zwischen synthetischen und halbsynthetischen Cannabinoiden?

Les cannabinoïdes synthétiques sont entièrement fabriqués artificiellement. Les cannabinoïdes semi-synthétiques sont généralement obtenus par modification chimique de matières premières naturelles telles que le CBD ou le THC. Selon leur classification, on y trouve notamment des substances telles que le HHC, le HHC-O ou le delta-8-THC.

Kann man besprühte Cannabisblüten erkennen?

Ce n’est généralement pas fiable. L’aspect, l’odeur et le goût ne suffisent pas pour identifier avec certitude les cannabinoïdes synthétiques. En cas de doute, il est judicieux de recourir à un « drug checking », dans la mesure où un service de ce type est disponible.

Was tun bei ungewöhnlicher Wirkung nach Cannabis?

Il convient de cesser immédiatement toute consommation. En cas de symptômes graves, de confusion, de convulsions, de difficultés respiratoires, de perte de conscience ou de perte de contact avec la réalité, il convient de solliciter immédiatement une aide médicale. En Suisse, le numéro d’urgence à composer en cas d’urgence grave est le 144.

Répertoire des sources

Saferparty Zurich : cannabis et contrôle des drogues
Saferparty Zurich : cannabinoïdes synthétiques
Saferparty Zurich : cannabis, substances de coupe et cannabinoïdes synthétiques
Infodrog : cannabinoïdes (semi-)synthétiques, fiche d’information destinée aux professionnels
SafeZone / Infodrog : Cannabinoïdes (semi-)synthétiques, informations destinées aux consommateurs
IG Hanf Suisse : le HHC figure en Suisse dans la liste de l’ordonnance sur les stupéfiants (BetmVV-EDI)
IG Hanf Suisse : cannabinoïdes synthétiques et mimétiques des cannabinoïdes
Commission européenne TRIS : République tchèque, HHC, HHC-O et THCP
Centre national de surveillance tchèque : HHC, HHC-O et THCP classés comme substances addictives en République tchèque
Agence des stupéfiants de l’Union européenne : Cannabinoïdes semi-synthétiques en Europe
Magazine Hanf : Résine de chanvre CBX, risques et droit
Magazine Hanf : Rapport européen sur les drogues 2026